| | Nourriture et boissons
La durée d’un voyage était imposée par la quantité de nourriture embarquée. On a retrouvé des listes qui suggèrent que les repas à bord ne variaient pas, et dépendaient essentiellement des talents du cuisinier, ou maître-coq. La conservation des aliments posait problème.
Même la viande salée finissait par pourrir, et les célèbres biscuits de mer, durs comme du bois, étaient souvent bourrés d’asticots.
L'eau se contamine très vite aussi. Lorsque l'eau manque, les hommes sont obligés de boire de l'eau de mer ou encore leur urine.
Les tonneaux de bière, de rhum et de cidre constituaient une part essentielle des réserves du navire. Un seul bateau transportait jusqu’à 10500 gallons de bière conte seulement 3500 gallons d’eau. On ne consommait pas autant de rhum que de bière, mais quand il était tiré, la portion habituelle était d’une demi-pinte mélangée avec de l’eau, ce qui représente l’équivalent de deux bouteilles de rhum de nos jours. | Réserves du bateau Cette liste de marchandises datant de 1708 donne une idée de ce qui était nécessaire pour nourrir l'équipage et entretenir le navire pendant un voyage
- 4 barils de boeuf
- 4 barils de porc
- 4600 livres de beurre
- 8 tonneaux de bière
- 3 caisses de savon
- 3 caisses de chandelles
- 12 barils de porridge
- 3 barils de vinaigre
- 6 pièces de toile à hamac
- 4 fûts de suif
- 3 pièces de cuir
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Sur le continent, en territoire ennemi, se nourrir est un problème perpétuel. Les flibustiers passent le plus clair de leur temps à traquer les troupeaux de vaches ou piller les plantations pour se nourrir. Et dès qu'ils se séparent pour aller chercher de quoi manger, ils faut se méfier des embuscades des milices espagnoles. Les navigateurs de l'époque avaient trouvé quelques solutions pour limiter cela : on embarquait des animaux vivant à bord et on utilisait des légumes séchés ou en farine.
Les flibustiers quant à eux avaient trouvé une autre solution pour conserver ces aliments périssables. Dés qu'un navire était capturé les pirates s'emparaient de la nourriture de la cambuse et la mettait à un endroit parfaitement sure à leur sens : leur estomac. Après une prise ils engloutissaient en un rien de temps les provisions quitte à souffrir de faim, de soif et de scorbut quelques semaines plus tard.
Sur les navires flibustiers les vivres sont distribuées à des tables autour de laquelle se regroupent 7 ou 8 hommes. Soit un "corbillon" de biscuits et un "vaisseau" contenant "deux coups à boire pour chacun". Quand au pain, on le divise en parts absolument égales sous le regard attentif de chacun. Pour décourager toute tricherie, chaque matelot met sa "huppe" ou marque dans un chapeau, (un fil noué d'un nœud particulier, une plume, ou toute autre marque spécifique à chaque flibustier). Ensuite le chapeau est bien remué, puis les marques tirées au sort et posées sur un morceau de pain. Le matelot récupère alors sa marque et le morceau de pain correspondant. Ces précautions montrent à quel point on se méfie des querelles pouvant survenir à tout moment parmi un équipage mal nourri. | « ... après avoir erré dans la mer des Antilles sans trouver le moindre navire marchand à piller, les hommes ont été condamnés à manger les souliers, gants, poches de cuir, graines de couteau, crottes de rat, graisse de mât, cancrelats jusqu'à ce que l'équipage réussisse à prendre un grand requin... » |
Pour en savoir plus : - Le grog - Chasse au Requin
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